Des questions, elle s’en était posée des tas au cours de sa petite vite. Des questions qui avaient trouvé leur réponse et des questions qui la cherchaient encore. Des question qui avaient hanté ses pensées et d’autres qui la hantaient encore. Des questions, des questions et encore des questions, il y a de quoi devenir folle, non ?
Comment ont fait les bébés ? Comment le père Noël peut passer par la cheminée avec un si gros ventre ? Pourquoi les garçons sont si nuls ? Est-ce que je me décolore les cheveux ? Pourquoi je regarde cette fille comme ça, moi ?
A vrai dire, chacune des questions qui s’incrustait dans sa tête marquait le commencement d’une nouvelle étape dans sa vie.
Oui. Sayuri avait un mode de fonctionnement précis et avec le temps il était facile le comprendre à peu près, ce qui d'ailleurs l'agaçait au plus au point.
Face à la remarque de son invitée sur son appartement Sayuri rigola. Oui, elle avait la chance de vivre dans un grand appartement grâce à ses parents qui payaient chaque mois le loyer. Et en plus de cela, Sayuri s'était trouvé un petit travail à mi-temps dans une boutique de vêtements mixte, en pleins dans le centre de Shibuya, ce qui lui permettait de ne pas trop s'éloigner de chez elle et de son université.
« Merci, ce sont mes parents qui me paient l’appartement alors avec l’argent que je gagne grâce à mon job, je peux décorer mon petit chez moi. »e
souria-t-elle.
Après s’être levée, la jeune fille s’inclina face à son hôte de la soirée. Que voulez-vous ? C'était une habitude qu'on lui avait inculqué depuis toute petite, s'inclinée à tout moment devant les gens, en guise d'excuse - même qu'il n'y en avait pas vraiment besoin.
« Un simple verre d’eau ? Hum, je vais plutôt te faire goûter un parfum de thé que j’adore. »
D’une démarche presque dansante Sayuri s’en alla jusque dans la cuisine. Il lui fallut une dizaine de minutes pour préparer le thé, durant tous ce temps Sayuri se demanda si Miu ne s’ennuyait pas, ou pire si l’envie de rentrer chez elle ne l’avait pas gagné tout à coup. A cette pensée, ses mouvements se firent plus pressants, si bien qu'elle ne prit pas la peine de ranger le sucre dans le placard ou de nettoyer la table.
Lorsqu’elle revint dans le salon, ce fut avec un plateau en verre transparent dans les mains sur lequel était posées deux tasses en porcelaine blanches décodées de petites roses :
« C’est du thé à la rose, j’ai goûté ça dans un maid café il y a un mois, depuis je n’arrête pas d’en boire. Et puis… au moins, il n’y a pas d’alcool, se serait cruel que cette soirée finisse comme la première, non ?»
Posant délicatement le plateau sur la table basse, Sayuri s’empressa d’ajouter d'un ton maternel :
« Ne te brûles pas, c’est très chaud. »
L’étudiante sourit d’un air espiègle face à la remarque de Miu sur le « supposé » désordre qu’il y avait dans sa chambre.
« tu dis ça pour être polie, ou bien ? Je ne suis pas encore allée voir ta chambre… mais qui sait ? Peut-être que la prochaine fois c’est moi qui viendra chez toi ? »
Oui, elle l’avait dit. Et oui elle avait laissé entendre qu’elle aimerait qu’il y ait une prochaine fois.
« D’ailleurs, tu habites loin ? Parce-que si c’est le cas, je te préviens que je ne te laisserai pas repartir de chez moi et prendre le métro à une heure aussi tardive, toute seule. »
C’est vrai quoi, elle n’allait pas laisser la-fille-qui-avait-hanté-ses-pensée-pendant-tout-une-année courir le risque de prendre seule le métro dans la nuit et ça, le soir même de leurs « retrouvailles ». Et pour ça, elle la raccompagnerait jusque chez elle ou la ferait carrément dormir dans sa chambre – ce qui, au final, l’arrangerait bien, même si elle ne voulait pas encore l’admettre.
« Aïe ! »
Sayuri qui venait à peine de s’emparer de la petite tasse qui contenait le breuvage à la rose, l âche sous peine d’avoir le bout des doigts superficiellement brûlé. Celle-ci s’écrasa au sol dans un bruit sourd et les fragments de la tasse ainsi que le liquide rosé se répandirent sur le sol.
« Mince... »
soupira la demoiselle avant de ramasser les bouts de porcelaine.
Après avoir chercher de quoi éponger le sol, la maladroite nippone se mit à quatre patte pour récupérer le dernier bout de la tasse sous la table basse. La demoiselle était dans une position, qui disons, ne convenait pas vraiment à une personne portant une robe aussi courte, et ça, Sayuri s’en rendit très vite compte alors celle-ci se redressa aussitôt.
« Hum, je… »
Elle avait tenté de parler, mais sur le coup, aucune parole ne lui vint en tête. La jeune fille se contenta simplement de se rassoir à côté de son invitée quand quelqu’un toqua à la porte. Sayuri sursauta puis soupira et s’approcha vite de Miu avant de lui faire signe de tendre l’oreille pour murmurer dans celle-ci :
« C’est le voisin du pallier d’en dessous, il… il me demande pratiquement toutes les semaines de venir boire un verre avec lui. J’en ai tellement marre que je fais semblant de ne pas être là quand il toque. »
Tel un enfant prise en train de faire une bêtise elle afficha une moue fautive avant d’ajouter à nouveau à l’oreille de Miu :
« Tu sais pourquoi je n’ai jamais accepté ? … Parce-qu’il y a une fille à laquelle je n’avais pas arrêté de penser durant toute cette année… »
Un nouveau sourire se dessina sur les lèvres, peut-être étais-ce du au faite que son visage se trouvait toujours à proximité de Miu, et à vrai dire, une nouvelle question hantait ses pensées à présent. ..
Est-ce que je l’embrasse ou pas ?